Le dirigeant 4.0

4 mai 2020 | Portraits

Peut-être vous êtes-vous retrouvé dans le « portrait du Dirigeant agile » décrit dans un précédent article ? Peut-être êtes-vous en chemin vers le Dirigeant de demain…

Le Dirigeant 4.0 remet du sens dans la maison !

Il y a quelques décennies, le management a évolué du QUOI vers le COMMENT. Ce fut l’ère processus, de la qualité… Aujourd’hui, nous vivons une transition vers le POURQUOI : la question du sens devient prioritaire.

Le dirigeant de demain est celui qui remet du sens au cœur de l’entreprise en commençant par partager collectivement la raison d’être de l’entreprise. Un « Why »i assumé et affiché, conjuguant performance économique et performance sociale. Ce cheminement décloisonne la pensée, libère la créativité et l’innovationii chez tous.

Outre, le fait que chacun (re)trouve un sens à son implication, cette approche permet de générer de nouveaux domaines à explorer, comme de nouveaux produits ou services pour l’entreprise par exemple.

Le Dirigeant 4.0 repense la gouvernance

Une fois ce cadre défini, il remet en cause la gouvernance établie pour travailler sur le bon niveau de subsidiarité. La responsabilité doit être assumée par le niveau directement confronté à la problématique à résoudre. Il ne s’agit pas de donner le même pouvoir à tous mais de faire en sorte que chacun ait du pouvoir. La mise en place de processus de type « advice process » (sollicitation d’avis avant de prendre la décision) complète souvent ce nouveau cadre.

Concrètement, on décentralise un grand nombre de décisions concernant le client ou l’organisation interne. Les équipes locales décident de leur organisation du temps, de l’affectation des ressources…

Cette approche permet une plus grande autonomie de chacun et donne un sentiment de liberté, de responsabilité. Bien sûr, les fonctions support sont fortement allégées, tout comme les Dirigeants qui s’émancipent des tâches opérationnelles.

Le Dirigeant 4.0 fait confiance a priori

Nous n’avons jamais tant repris la théorie Y de McGregor que ces dernières années. Théorie datant des années 60. L’homme est digne de confiance, de recevoir des délégations et de s’autocontrôler. Un collaborateur qui se sent en sécurité et en confiance s’investit au-delà de ce qui est prescrit.

Cette approche permet un allègement des processus de contrôle qui coûtent cher aux entreprises et un réengagement des salariés.

Le Dirigeant 4.0 crée les conditions pour que l’intelligence collective s’ancre dans les pratiques

Favoriser la co-construction, c’est libérer toutes les énergies de l’organisation pour atteindre des niveaux élevés de performance. Chacun apporte sa quote-part à la réalisation du bien commun. Pour faire émerger cette matière, les méthodes dites « agiles » d’animation de réunion sont parfaites et pour la plupart accessibles à tous.

C’est Vincent Lenhardt qui compare l’intelligence collective à un réseau neuronal, qui se développe avec la quantité et la qualité des interactions avec les autres et l’environnement. Le Dirigeant 4.0 fait en sorte de multiplier les synapses sans frontière.

Cette approche permet non seulement d’atteindre des niveaux élevés de performance, mais elle génère de substantielles économies, puisqu’elle permet de faire émerger une expertise collective qui coûtait auparavant cher en consultants externes.

Le Dirigeant 4.0 laisse place à l’expérimentation & à l’erreur

Dans un monde VICA où la relation de cause à effet est floue, il est compliqué de trouver une solution à un problème. Il est tout autant difficile de prédire les résultats de nos décisions. Il faut accepter de ne pas savoir et expérimenter en boucle courte au plus proche du client.

Le Dirigeant 4.0 facilite justement la mise en place de solutions réalistes qui peuvent être mises en œuvre rapidement en intégrant les parties prenantes dans les modélisations. Les nouveaux produits deviennent le fruit d’ateliers « Design Thinking » par exemple, un mixte de frugalité, d’ingéniosité et de bon sens dans un principe de « fail fast learn fast ».

Cette approche permet d’anticiper au mieux l’évolution de son marché, de mettre en place un véritable processus d’amélioration continue et de prendre soin de l’expérience utilisateur. L’entreprise et le client se nourrissent mutuellement d’un contact rapproché dans la durée.

Le Dirigeant 4.0 développement les personnes au meilleur d’elles-mêmes

Le Dirigeant 4.0 fournit aux collaborateurs les conditions pour qu’ils soient motivés au-delà d’un babyfoot à l’accueil ou d’une salle de sport à l’entresol.
Le Dirigeant 4.0 considère les personnes en adultes responsables et ne généralise pas des règles absurdes à cause de 3% d’embêteurs ! Il donne la possibilité de déterminer ses propres objectifs et laisse le soin à chacun de trouver la meilleure façon de les atteindre. Il offre aussi une certaine liberté sur l’organisation du temps de travail, avec possibilité de consacrer du temps sur des activités personnelles.

Le Dirigeant 4.0 donne l’opportunité de bien se connaître et de bien se développer, il crée les conditions pour que chacun libère son potentiel. Emmener les personnes au meilleur d’elles-mêmes, c’est, par exemple, leur offrir la liberté de choisir les missions qui servent le projet d’entreprise. La nature humaine veut qu’on choisisse naturellement les missions qui nous engagent le plus et sur lesquelles on a le plus de réussite. L’énergie ainsi générée est bénéfique tant à l’organisation qu’à l’épanouissement du collaborateuriii.

Le Dirigeant 4.0 donne aussi accès à la connaissance, en incitant la personne à rejoindre des lieux de ressources et de développement personnel, à rejoindre des cercles de partage de connaissance ou des fablabs enrichissant son approche métier.

Bref, le Dirigeant 4.0 fait converger les besoins de l’entreprise avec les centres d’intérêt et les talents naturels de la personne, créant ainsi les conditions premières de l’auto-motivation !

i Simon Sinek

ii HBR – Pour libérer le potentiel de votre entreprise, questionnez sa raison d’être, Christophe Sempels, Dominique Vian

iii C’est le principe du ‘Flow’ de Mihaly Csikszentmihalyi où la motivation de la personne est générée par un processus intrinsèque.